Entrepreneuriat : les propositions du rapport Hayat contrastent avec la politique fiscale retenue


Le fondateur de 100.000 Entrepreneurs, Philippe Hayat, a remis un rapport à la ministre des PME. Ses recommandations fiscales sont opposées aux choix du gouvernement.

Réconcilier les entrepreneurs avec le monde politique, et plus largement l’opinion publique. C’est la délicate mission qui sera confiée au haut responsable à l’entrepreneuriat dont la nomination a été annoncée il y a plus de dix jours par la ministre des PME, Fleur Pellerin, mais dont on attend toujours l’identité. Il est sûrement difficile de trouver un candidat, à l’heure où le gouvernement s’est mis une bonne partie des entrepreneurs à dos, via le mouvement des « pigeons », et malgré les assouplissements importants qui ont été concédés dans le budget (lire page 4).

La feuille de route, elle, existe bel et bien. C’est le rapport que Philippe Hayat, fondateur de l’association 100.000 Entrepreneurs, a remis il y a quelques jours à la ministre des PME, et dont « Les Echos » ont obtenu copie.

Créer 200.000 emplois par an

L’objectif, ambitieux, de Philippe Hayat est de développer les « entreprises de croissance », c’est-à-dire les PME de plus de 50 salariés, en doublant leur nombre (passer de 1.000 à 2.000) d’ici à cinq ans, pour créer 200.000 emplois supplémentaires par an. Ses premières recommandations feront l’unanimité. Il préconise des campagnes de publicité pour promouvoir l’entrepreneuriat, une meilleure sensibilisation des élèves, dès le collège, à la création d’entreprise, ou encore des filières spécifiques dans les écoles de commerce (qui existent en partie) mais aussi à l’université. Les propositions fiscales, elles, seront plus délicates à mettre en oeuvre, car « le gouvernement va clairement à contresens de ce que je propose sur ce point », souligne Philippe Hayat. En effet, le rapport insiste sur la nécessité de « diminuer sensiblement, et de façon pérenne, l’impôt sur plus-value portant sur l’investissement personnel de l’entrepreneur dans son entreprise ». Ou encore de « déplafonner la réduction d’impôt sur le revenu prévue par la loi Madelin (25 % du montant de l’investissement) lorsqu’il s’agit d’un investissement direct ».

Enfin, pour attirer davantage de talents dans les entreprises qui se créent et compenser le manque à gagner pour les salariés qui font ce choix (les niveaux de salaire, à compétence égale, étant bien inférieurs dans une PME que dans un grand groupe), le rapport propose de « diminuer l’impôt sur les plus-values portant sur l’investissement personnel du salarié dans son entreprise ». Autant de mesures qui contrastent avec la taxation des plus-values de cession prévue dans le PLF. « Si on fait ça, les nouvelles générations d’entrepreneurs, qui sont nomades par nature, seront incitées à aller s’installer ailleurs », prévient Philippe Hayat.

Source:  M. B., Les Echos

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