Attention aux fantasmes! …et autres conseils aux start-up du green business


Une conférence réunit ce mardi experts et entrepreneurs spécialisés dans les cleantechs pour tenter d’analyser les causes d’échecs les plus fréquentes et d’en tirer des leçons. Pour Stéphanie Savel, présidente des Business Angels du Développement durable français, les solutions sont aussi à trouver du côté des collectivités et des entreprises publiques.

L’échec de l’entrepreneuriat vert… drôle de thème pour une conférence! La première édition de Reboot Green qui se tient ce mardi soir à Paris sous l’égide de la Chaire Entrepreneuriat Ernst&Young/ESCP Europe, s’inspire du concept californien Failcon, lancé dans la Silicon Valley en 2009. Cette conférence dédiée aux retours d’expériences malheureuses doit permettre aux entrepreneurs en herbe de tirer des enseignements des témoignages de ceux qui les ont précédés sur la voie de l’entrepreneuriat.

Stéphanie Savel, présidente des Business Angels du Développement durable français (DDFI) depuis 2007, qui participe à cette conférence réservée aux entrepreneurs «verts», porte un regard affûté sur le sujet.

Des innovations qui impliquent un changement des modes de production ou de consommation

Les 56 business angels adhérents de l’association, dont deux-tiers de personnes physiques, ont investi depuis 2007 un montant global de 5 millions d’euros dans 35 start-up de l’énergie, des transports ou de la construction. Et les investissements s’accroissent d’année en année: 800.000 euros en 2010, 2 millions en 2011 et 1,3 million pour le premier semestre 2013. Une réponse à la crise de l’intermédiation bancaire, mais aussi le signe que les investisseurs, «soucieux de donner du sens, de la traçabilité et de la transparence à leur épargne», continuent de croire dans un secteur qui souffre pourtant de quelques handicaps: d’importants besoins en capital, un marché lent à adopter les modifications de modes de production et de consommation impliquées par les innovations; un cadre réglementaire -et souvent financier- mouvant au gré des volte-faces politiques, notamment dans le secteur des énergies renouvelables, sans compter un verrouillage de certains marchés par les acteurs historiques, qui complexifient la tâche pour les jeunes pousses.

Multiplication de fonds corporate dédiés aux cleantechs

Dans le même temps, les grands groupes (SNCF, Suez Environnement, EDF, Schneider Electric, etc.) multiplient les fonds corporate dédiés aux cleantechs. «C’est une excellente nouvelle, se réjouit Stéphanie Savel. Car leur engagement est la meilleure preuve de l’existence d’un marché et de sa solvabilité à plus ou moins long terme.» Nul besoin, en outre, de les convaincre, comme cela peut être le cas avec des investisseurs plus classiques, de la réalité des besoins liés par exemple à la finitude des ressources naturelles ou au réchauffement climatique. «En revanche, il faut qu’ils soient prêts à faire de l’amorçage capitalistique», précise-t-elle.

Anticiper la stratégie de levée de fonds

Stéphanie Savel conseille donc aux entrepreneurs «verts» de prendre patience, leur rappelant que les marchés mettront souvent plus de temps qu’ils ne l’imaginent pour adopter leurs innovations. Ce qui implique d’anticiper les choses aussi sur le plan de la stratégie de levée de fonds. Autre conseil: garder à l’esprit les principes de base de toute création d’entreprise, notamment la stricte limitation des charges, et garder les pieds sur terre. «Les plus jeunes entrepreneurs ont parfois tendance à fantasmer le monde du green business», regrette-t-elle.

Orienter la commande publique

Mais c’est surtout aux collectivités locales et aux entreprises publiques que Stéphanie Savel a des suggestions à faire, qu’elle résume sous un slogan: «Moins de subventions, plus de clients.» De son point de vue, c’est en effet en orientant la commande publique par l’intégration de critères de développement durable et en faisant plus de place aux PME que l’on fera décoller ces nouveaux marchés.

D’ailleurs, convaincue qu’il ne faut pas se focaliser uniquement sur les grands groupes et les start-up, mais s’intéresser aussi aux ETI et aux PME, qui constituent l’essentiel du marché potentiel, Stéphanie Savel annonce la création par DDFI d’une activité qui leur sera dédiée.

source: http://www.latribune.fr

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